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L A V I G E R I E . be

Entretien avec Mathieu Van Vlierden
œuvrant en Afrique du Sud

Famille-Mission 4/4 - 2010
lundi 20 décembre 2010 par Manu Quertemont, Webmaster

-  Quand es-tu parti pour la première fois en Afrique ?

C’était en 1970 : d’abord direction Malawi. J’ai travaillé là-bas durant huit années.

En 1978 je suis parti pour l’Afrique du Sud afin d’y accompagner et d’aider pastoralement les mineurs originaires du Malawi. A cette époque il y avait environ 200.000 travailleurs du Malawi qui besognaient dans les mines de l’Afrique du Sud ; la plupart d’entre eux étaient catholiques, et j’avais la charge de les aider comme aumônier. Je l’ai fait pendant 16 années, avec l’aide de quelques confrères. Sous le régime de l’apartheid nous avons connu des difficultés avec les services de sécurité. Un « blanc » qui ne travaille qu’avec les ‘Noirs’ ... c’était suspect !

-  Et l’apartheid en Afrique du Sud ?

L’Afrique du Sud a été colonisée par les Anglais et les Hollandais au début du XIXe siècle. La population noire y avait de moins en moins de droits. Finalement, tous les droits des Sud-africains noirs furent bafoués et ils furent forcés de vivre dans des « townships ».
Un « township » en Afrique du Sud est un endroit où vit la population noire, à la périphérie d’une ville. Les plus connus sont : Soweto (Southern Western Township) près de Johannesbourg, Mamelodi, Crossroads ...
Chaque ville ou village avait un ou plusieurs « townships ». Les « townships » se sont multipliés dans le pays à cause de l’apartheid qui a duré de 1948 à 1994. Le gouvernement blanc pensait qu’il devait y avoir plus de place pour les Blancs et que les Noirs et les gens de couleur devraient être placés dans une zone séparée, souvent avec des terres improductives.

D’après les races, il y avait des écoles différentes, des bus distincts, des bancs séparés dans les parcs. C’est ce qu’on appelle l’apartheid.

Il y avait de nombreux combattants de la liberté en Afrique du Sud. Un des plus célèbres est Nelson Mandela. Il a passé plus de 25 années de sa vie dans un camp tristement célèbre : la prison de Robben Island, où il était assujetti au travail forcé. Il est devenu chef de l’ANC (African National Congress), le parti qui s’est battu pour l’égalité des droits pour les Sud-Africains noirs et un gouvernement démocratiquement élu.

L’ancien président, FW de Klerk, a déclaré Nelson Mandela un homme libre en février 1990. Ce fut alors le début du démantèlement de l’apartheid. Durant les premières élections démocratiques de 1994 tous les Sud-Africains ont pu voter librement. Ce fut la naissance d’un gouvernement d’union nationale avec Nelson Mandela comme Président.

Bien que l’apartheid fût aboli en 1994, les townships ont continué à exister.

-  Et la violence en Afrique du Sud ?

Un jour, au début de notre présence en Afrique du Sud, le Père George Boudinier, un confrère français, a été tué par un jeune afrikaner blanc qui faisait de l’auto-stop et que le Père avait embarqué dans sa voiture. Comme quoi la violence n’est pas le fait des seuls noirs !

Le P. Louis Blondel, également un Français, a été tué le 7 Décembre 2009 par de jeunes voleurs à Diepsloot, l’un des townships les plus violents dans l’Archidiocèse de Pretoria.

Moi-même, j’ai déjà été agressé trois fois. En 2001, j’ai échappé à la mort. Ce jour-là, quand je suis revenu à la mission en voiture, des bandits, qui pensaient que j’avais de l’argent pour payer les salaires de nos travailleurs, m’ont tiré dessus. J’ai reçu une balle dans le ventre, mais j’ai eu le réflexe et la force de continuer ma route vers l’hôpital le plus proche où j’ai été immédiatement admis aux urgences. La guérison a duré plusieurs mois…

-  Que font les missionnaires d’Afrique dans la région de Johannesburg ?

Nous sommes établis à Orange Farm, une vaste zone à 20 km au sud de Soweto, avec 300.000 habitants. Là les conditions de vie sont précaires. Beaucoup de familles n’ont pas de revenus réguliers. La pauvreté règne partout, maladies et violences y font bon ménage. Nous formons les communautés ecclésiales et nous contribuons également au développement de la région. Nous essayons de faire passer le message évangélique de la paix, de la dignité humaine, de la fraternité et de la justice.

  • En collaboration avec le P. Philippe Docq et cinq jeunes éducateurs nous avons commencé un projet pour les enfants de la rue : THEMBALABASHA : un mot zulu qui signifie « espoir des jeunes ».
    Les jeunes qui ont entre 9 et 18 ans, vont à l’école, et nous les aidons à payer leurs frais de scolarité. Il existe aussi deux centres d’accueil où ils se rassemblent pour manger, faire leurs devoirs et étudier. Nous attachons une grande importance à la communication avec les parents et l’école : dans l’intérêt de la réhabilitation globale des jeunes. Ensemble avec trois autres Pères Blancs, nous leur donnons des formations pour leur apprendre un métier, soudeur, menuisier, électricien etc… On leur apprend aussi à faire la cuisine, un peu de couture… et à se débrouiller en informatique.
    Ceux qui réussissent bien, nous les aidons à démarrer leur propre entreprise.
  • Un autre de nos projets est appelé ‘Advice Office’. Les travailleurs qui ont des difficultés avec leur patron, le gouvernement local, peuvent nous contacter et ils reçoivent des conseils appropriés. Nous les aidons aussi dans leurs difficultés familiales.
  • Et puis il y a le projet CORDIS (Christian Outreach Done in Solidarity), que nous avons traduit par « de tout cœur ». Le P. Boudinier a acheté une vieille ferme dont les propriétaires sont rentrés en Grande-Bretagne. Le terrain a été loué à quelques familles, nous leur fournissons des semences, des engrais et de l’eau ; ils profitent de la récolte. Plus tard, il y a eu une briqueterie, une menuiserie, un élevage de lapins. Il y a aussi une section « recyclage ». Tout le bric à braque que les gens jettent à la poubelle est ramassé, réparé si nécessaire, puis revendu à bas prix. Ce projet est soutenu par Emmaüs International.
  • Le projet SIDA.
    En Afrique du Sud, un habitant sur six est infecté par le virus du SIDA et environ 800 personnes en meurent chaque jour.
    Une équipe de collaborateurs bien formés, va régulièrement visiter les sidéens. Ils leur donnent des conseils ainsi qu’une assistance médicale à la famille qui par la suite pourra ainsi mieux s’occuper d’eux.

-  Et sur le plan pastoral ?

Notre priorité, c’est de former des catéchistes qui préparent les enfants à la première Communion et aussi qui accompagnent les jeunes jusqu’au Baptême et à la Confirmation. Certains d’entre eux reçoivent une formation spéciale pour aider les gens qui se préparent au mariage, d’autres portent la communion aux malades. D’autres, enfin, président aux services funéraires.

  Mathieu, nous te souhaitons un prompt rétablissement et nous prions pour que tu puisses célébrer Noël dans la joie avec les chrétiens de Kiasha et Vlakfontein.
 
Bon apostolat !

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